Eneko est plombier à Anglet. 38 ans, à son compte depuis douze ans. Un matin de février, il se lève et son dos ne suit plus. Lombalgie chronique, le médecin est formel : arrêt de travail, durée indéterminée.
Sa première réaction : « je cotise, je suis couvert. »
Il l’est. Mais quand on lui explique les chiffres réels — ce que la SSI verse, jusqu’à quand, et ce qui se passe ensuite — son visage change.
Ce que vous allez lire, c’est exactement ce que je lui ai expliqué ce jour-là.
Ce que la SSI verse concrètement
L’indemnité journalière SSI est calculée sur 1/730e de votre revenu annuel moyen des trois dernières années. Le plafond est fixé au niveau du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 € en 2026 — ce qui porte l’indemnité journalière maximum à 65,84 € bruts par jour
Traduction concrète : peu importe que vous gagniez 4 000 € ou 8 000 € par mois, votre indemnité journalière ne pourra pas excéder 65,84 € bruts, soit environ 1 975 €/mois.
Pour Eneko et ses 3 750 € nets mensuels, le calcul donne environ 1 875 €/mois — il est juste sous le plafond, il touche l’intégralité de son droit. Mais ses charges fixes, elles, ne bougent pas. Loyer du local, leasing du camion, cotisations minimales obligatoires : tout continue.
La perte nette réelle le premier mois : plus de 2 000 €.
Et pour ceux qui gagnent plus ?
C’est là que le plafond devient vraiment problématique. Un artisan qui dégage 6 000 € nets par mois aurait théoriquement droit à 3 000 €/mois en indemnités. Il touchera 1 975 €. Soit un manque à gagner de plus de 4 000 € dès le premier mois d’arrêt.
Plus vos revenus sont élevés, plus le vide est important.
Le vide entre 1 an et 3 ans : le risque que tout le monde ignore
La SSI verse les indemnités journalières pendant une durée maximum de 360 jours sur une période glissante de 3 ans. Autrement dit : la couverture s’arrête à 1 an.
Entre 1 an et 3 ans d’arrêt : zéro indemnité journalière de la SSI. Rien.
C’est précisément la durée des arrêts graves — cancer, chirurgie lourde, pathologie chronique invalidante. Les arrêts qui durent 14, 18, 24 mois. Ceux qui arrivent moins souvent mais qui, quand ils arrivent, peuvent détruire une situation financière construite sur dix ans.
Eneko m’a posé la question directe : « Concrètement, si je suis arrêté 2 ans, qu’est-ce qu’il me reste ? » Sans prévoyance : rien pendant les 12 derniers mois. Rien du tout.
Ce que change une prévoyance bien calibrée
Une prévoyance complémentaire TNS ne remplace pas la SSI — elle vient en complément, exactement là où la SSI s’arrête ou est insuffisante.
Pour Eneko, l’objectif est simple : maintenir ses 3 750 €/mois quoi qu’il arrive.
| SSI seule | SSI + prévoyance | |
| Du 4e jour à 1 an | 1 875 €/mois | 3 750 €/mois |
| De 1 an à 3 ans | 0 € | 3 750 €/mois |
| Invalidité (3 ans → 64 ans) | ~1 875 €/mois | 3 750 €/mois |
La différence n’est pas anecdotique. Sur 18 mois d’arrêt, elle représente plus de 30 000 € de revenus perdus ou maintenus. A cela il faut ajouter le montant des charges fixes à couvrir …
La franchise : un détail qui a son importance au mauvais moment
Sur un contrat de prévoyance TNS, vous choisissez votre délai de carence — la période pendant laquelle la prévoyance ne verse rien après le début de l’arrêt.
En maladie, cette franchise est généralement de 15 ou 30 jours selon le contrat. Pendant ce délai, seule la SSI vous couvre — à 65,84 €/jour maximum.
Mais il existe une option que peu d’assureurs mettent en avant spontanément : la garantie ambulatoire. Elle permet de ramener cette franchise à 0 ou 3 jours, même en maladie. Concrètement, vous êtes couvert presque immédiatement, y compris pour une hospitalisation courte. Ce qui est le cas de + de 90 % des actes chirurgicaux aujourd’hui …
En cas d’accident, la plupart des contrats prévoient déjà 0 à 3 jours de carence — c’est la norme.
Ce point ne paraît pas décisif au moment de souscrire. Il l’est au moment du sinistre, quand vous attendez la première indemnité avec des factures qui s’accumulent
L’importance de l’invalidité : 526 344 € de différence
C’est le sujet le plus technique — et de loin le plus coûteux si on se trompe.
Revenons à Eneko. Sa lombalgie évolue mal. Elle devient chronique, invalidante. Un médecin évalue son état :
- Taux d’incapacité fonctionnelle : 20 %
- Taux d’incapacité professionnelle : 60 %
La suite dépend entièrement du type de barème prévu dans son contrat.
Le barème croisé : ce que la plupart des contrats standard prévoient
Le barème croisé combine les deux taux dans un tableau de calcul. Taux fonctionnel 20 % croisé avec taux professionnel 60 % : résultat reconnu = 28,85 %.
Le seuil de déclenchement de la rente invalidité est fixé à 33 %.
28,85 % < 33 % : aucune rente versée. Zéro.
Eneko a souscrit une rente invalidité de 1 875 €/mois. Il est réellement incapable d’exercer son métier de plombier. Et il ne touchera rien — parce que son taux reconnu est juste en dessous du seuil, à cause du barème.
Le barème professionnel : ce qu’il aurait pu avoir
Avec un contrat en barème professionnel, seul le taux d’incapacité professionnelle est retenu : 60 % directement.
Indemnisation au prorata : 60/66 = 90 % de la rente souscrite, soit 1 687 €/mois. Versés jusqu’à ses 64 ans.
La perte financière entre les deux contrats sur 26 ans de vie active : 526 344 € (1 875 € × 12 × 26 ans).
Ce n’est pas une différence de cotisation. C’est une différence de clause — une ligne dans les conditions générales que la plupart des souscripteurs n’ont jamais lue.
Qui devrait systématiquement opter pour le barème professionnel ?
Tout artisan ou commerçant dont le métier est physiquement exigeant : plombier, électricien, maçon, carreleur, menuisier, boucher, boulanger. Un plombier avec une hernie discale peut être jugé « valide » en barème croisé — il peut théoriquement s’asseoir et faire autre chose. En barème professionnel, il est invalide parce qu’il ne peut plus exercer son métier.
Malheureusement, tous les métiers ne sont pas éligibles au barème professionnel. C’est pour cela que chez MG Conseils, nous avons sélectionné des compagnies qui permettent à plusieurs métiers ( commerçants, artisans comme plombiers, électriciens, etc..) d’avoir accès à ce barème professionnel.
Les professions médicales et paramédicales sont dans le même cas — et pour elles, le barème professionnel est encore plus indispensable.
Ce que fait concrètement un courtier indépendant
Votre banque vous proposera un contrat de prévoyance. Il sera probablement standard, en barème croisé, avec une franchise de 30 jours en maladie, sans ambulatoire. Personne ne vous expliquera la différence entre les deux barèmes.
Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est simplement que le conseiller bancaire ne se spécialise pas sur ce sujet, et qu’il travaille avec une gamme de produits unique.
Chez MG Conseils, le travail commence avant la souscription :
- On analyse vos revenus réels, vos charges fixes, votre épargne disponible
- On vérifie le type de barème proposé et on vous explique ce que ça signifie pour votre métier précis
- On compare les offres de plusieurs assureurs — pas sur le prix uniquement, sur les garanties réelles
- Et si vous avez un sinistre, on est là pour constituer le dossier et suivre l’indemnisation
Nous sommes basés au Pays Basque, et nous travaillons avec des artisans et commerçants de Bayonne, Anglet, Biarritz, Hendaye, Saint-Jean-de-Luz et tout le BAB et Landes
Ce qu’il faut retenir avant de refermer cet article
✔️ La SSI plafonne à 65,84 €/jour (1 975 €/mois) — quel que soit votre revenu réel
✔️ Elle ne verse rien entre 1 an et 3 ans d’arrêt
✔️ La garantie ambulatoire peut ramener votre franchise maladie à 0 ou 3 jours
✔️ En barème croisé, un taux d’invalidité de 28,85 % = zéro rente versée
✔️ En barème professionnel, ce même taux = 1 687 €/mois jusqu’à 64 ans
✔️ La différence entre les deux : 526 344 € sur une vie active
Voila toutes les informations que Eneko aurait aimé avoir pour prendre sa décision.
Vous voulez savoir ce qu’il vous resterait concrètement en cas d’arrêt ?
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Questions fréquentes
Combien touche un artisan ou commerçant en arrêt de travail avec la SSI en 2026 ?
L’indemnité journalière SSI est calculée sur 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. En 2026, le maximum est de 65,84 €/jour, soit environ 1 975 €/mois — quel que soit le revenu réel au-delà de ce plafond.
Combien de temps la SSI verse-t-elle des indemnités en cas d’arrêt de travail ?
La SSI indemnise pendant 360 jours maximum sur une période glissante de 3 ans, à partir du 4e jour d’arrêt. Entre 1 an et 3 ans d’arrêt, elle ne verse plus rien au titre de l’arrêt de travail.
Quelle est la différence entre barème croisé et barème professionnel en prévoyance invalidité ?
Le barème croisé combine le taux d’incapacité fonctionnelle et le taux professionnel dans un calcul croisé, ce qui peut aboutir à un taux reconnu très bas et sous le seuil de déclenchement de la rente. Le barème professionnel ne retient que l’incapacité à exercer sa propre profession — il est beaucoup plus favorable pour les artisans et les métiers physiques.
Qu’est-ce que la garantie ambulatoire dans un contrat de prévoyance TNS ?
La garantie ambulatoire permet de supprimer ou réduire la franchise maladie dans un contrat de prévoyance, en la ramenant à 0 ou 3 jours au lieu de 15 à 30 jours. Elle couvre les arrêts sans hospitalisation et améliore significativement la protection en cas d’arrêt court ou imprévu.
Pourquoi passer par un courtier indépendant pour sa prévoyance TNS au Pays Basque ?
Un courtier indépendant compare les offres de plusieurs assureurs et n’est lié à aucune compagnie. Il analyse la situation réelle du client (revenus, charges, épargne, métier) pour calibrer les garanties et identifier les clauses importantes — comme le type de barème invalidité — que les contrats standards n’expliquent pas spontanément.




